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Les Harmonicales

Voici le journal que j'ai tenu pendant quatre jours sur les Premières Harmonicales de Condat sur Vienne, qui se sont déroulées du 17 au 21 Octobre 2000 à Condat sur Vienne (87).

Jeudi 19 Octobre après-midi

Me voici enfin dans le train, direction Limoges pour aller passer quelques jours en Limousin à l’occasion des Harmonicales, le premier festival de l’harmonica en France. Et c’est pas trop tôt !

Laurent CagnonQuelques mots pour expliquer le contexte des Harmonicales et parler des organisateurs : ce festival a été organisé conjointement par la municipalité de Condat sur Vienne (non loin de Limoges) et l’association Harpedge. Harpedge est une association de musiciens (essentiellement chant et harmonica) où officie Laurent Cagnon, éminent harmoniciste de la région. Laurent est parmi les plus actifs dans la promotion de l’harmonica en France et fait régulièrement venir des harmonicistes en Limousin. En plus de ça, Laurent est un harmoniciste doué et inventif, ce qui ne gâche rien.

C’est triste à dire, mais Harpedge n’a pas été beaucoup aidé pour organiser ce festival. La ville de Limoges n’a non seulement pas voulu soutenir l’initiative mais a (volontairement ou non) mis des bâtons dans les roues aux organisateurs en organisant un double concert gratuit d’un groupe populaire de la région les soirs des concerts du festival. Heureusement que la municipalité de Condat a été prête à s’engager, elle, aux côtés des membres de l’association. Hohner France, fidèle à son habitude n’a aucunement participé, ni financièrement, ni à travers des produits. Il est d’ailleurs de notoriété publique en France depuis de longues années qu’il ne sert à rien de leur demander une aide quelconque… Enfin, le club limougeaud où devaient se tenir une partie des concerts a fermé ses portes quelques mois seulement avant le festival, forçant les organisateurs à trouver en urgence une autre salle… Bref, Laurent et ses amis se sont vraiment défoncés pour faire en sorte que ce festival puisse exister, et j’espère bien qu’ils auront le succès escompté pour qu’enfin il y ait en France un festival d’harmonica digne de ce nom, dont le but soit la musique et non la compétition et qui corresponde aux attentes d’une majorités des harmonicistes de tout poil.

Jeudi 19 Octobre soirée

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce festival a commencé sur les chapeaux de roues ! Comme convenu, je me suis rendu au Grand Zanzibar à mon arrivée à Limoges, où j’ai retrouvé les musiciens du Mojo Band en train de faire leur balance. Batterie, contrebasse, guitare électrique ou acoustique et harmo amplifié ou acoustique et chant sont les instruments de ce groupe que je connais un peu (mais sous d’autres formes) puisque j’allais souvent les voir jouer à Lille du temps où j’y habitais encore. Xavier Laune est un bon pote, et un harmoniciste exceptionnel de sobriété et de propreté dans son jeu, sans doute un des plus beaux sons acoustiques de la scène Française. Je suis impatient de revoir le Mojo Band : ils ont changé de formule depuis la dernière fois où je les ai vus puisqu’ils étaient au départ un trio acoustique (deux guitares plus harmo). Un peu plus tard je croise Michel Herblin qui ne joue que Samedi soir mais qui s’est pointé en avance pour répéter et profiter du festival. On discute un peu et on convient de se rencontrer le lendemain pour une interview.

Un peu plus tard arrivent Laurent Cagnon et Dominique Robert qui vont ouvrir la soirée avec sans doute le duo le plus original de la scène blues en France, " Ruine Babines et Manivelle " : orgue de barbarie et harmonica. Pour ce soir, ils seront accompagnés de " Mme Zouzou ", la compagne de Dominique, au Washboard.

Dominique RobertOn mange un rapide repas pendant que les spectateurs s’installent. la salle n’est pas pleine à craquer, mais il y a quand même pas mal de monde, et finalement nos bluesmen des rues montent en scène pour la première partie de cette soirée. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le mariage de l’orgue de barbarie et du blues est étonnant… et détonant ! Le répertoire de Laurent et Dominique ne se limite pas au blues, mais il comporte un certain nombre de reprises classiques " revisitées " à la sauce RB&M, comme Sweet Home Chicago ou Help Me. Ce qui fait vraiment le charme de cette formation, au delà de sa musicalité et des supers arrangements, c’est leur humour, à la fois dans les interprétations et dans les commentaires. J’ai eu du mal à me remettre des guitaristes qui vont à Carrefour pour apprendre à jouer et reviennent bredouilles (c’est tellement vrai !). Laurent et Dominique prouvent à ceux qui veulent l’entendre qu’on peut vivre de sa musique sans se prendre au sérieux, et se faire plaisir tout en se moquant (gentiment) de soi-même. C’est rafraîchissant dans un milieu (le blues) ou tant de gens (interprètes ou commentateurs) se la jouent et (pardonnez l’expression) pètent plus haut que leur cul. Bref, le public s’éclate, ça joue et c’est vraiment une belle entrée en matière pour cette soirée. Finalement, une fois le dernier carton passé à la manivelle, " Ruine Babines et Manivelle " laisse la place au Mojo Band sur la scène.

D’entrée de jeu, on sent que ces quatre là ont un groove, une entente instinctive et un plaisir évident de jouer ensemble. Tous les quatre sont des musiciens exceptionnels, mais on sait tous que cela ne suffit pas à faire un bon groupe. Chez les Mojo, il y a plus que ça : ils s’écoutent jouer, ils sont complices, et ils travaillent admirablement leurs arrangements pour produire à chaque une version fraîche des reprises qu’ils font sonner comme elles n’ont jamais sonné.

Pour ceux qui connaissent, les sonorités de l’ensemble font un peu penser aux ambiances feutrées du " Muddy Waters Folk Singer ", mais avec plus de pèche quand il faut. Ils s’aventurent aussi en répertoire Cajun, avec Julien (le guitariste) à l’accordéon diatonique.

Julien Biget (Guitare) & Stéphane Barral (Contrebasse)Ceux qui me connaissent pourront vous dire qu’en matière de blues, je suis de plus en plus difficile. Il y a peu de formations en France qui trouvent grâce à mes yeux, entre ceux qui reprennent texto, ceux qui chantent en gloubiboulga, ceux qui jouent à 200 km/h ou 200 dB (voire les deux). Je ne crains pas de dire ici que le Mojo Band est de loin une des meilleurs formations de blues en France, sinon la meilleure. Ces gars méritent vraiment d’être plus connus.

Le public de Limoges, en tous cas, a apprécié à sa juste valeur. Laurent avait sélectionné le Mojo Band en demandant aux adhérents de Harpedge de choisir le groupe qui les avait le plus marqués ces deux dernières années. Nul doute que lors du prochain recensement, le vote sera similaire ! Les Mojo ont su chauffer la salle du Zanzibar, il fallait voir comment. A la pause, une dizaine de personnes sont venues demander où acheter un disque qui malheureusement n’existe pas. Le Mojo Band va sans doute sortir un 6 titres d’ici la fin de l’année, on vous tiendra au courant et on mettra des extraits sur Planet Harmonica pour vous en faire profiter !

Xavier LauneEn fin de concert, le Mojo Band a invité successivement (puis collectivement) Laurent Cagnon, Michel Herblin et votre serviteur, pour la plus grande joie du public et des harmonicistes (en tous cas dans le cas de ces deux premiers artistes). Une soirée exceptionnelle donc pour ma première journée à Limoges.

Vendredi 20 Octobre

La journée n’a pas été de tout repos : tout d’abord j’ai pu revoir un peu Xavier Laune qui animait une masterclasse d’harmonica avec Laurent Cagnon, sur le thème du folk blues, spécialité de Xavier pour qui Sonny Terry reste un maître incontesté. J’en ai profité pour interviewer Michel Herblin, qui passait par là, interview qui paraîtra dans le prochain numéro de Planet Harmonica. L’après-midi venu, j’ai rédigé l’entrée de mon journal, et j’ai montré aux élèves du masterclasse les possibilités que présentent des accordages autres que le Richter standard (mineur naturel, arabisant, etc.), ce qui a eu l’air de les intéresser. Laurent et moi en avons aussi profité pour discuter (pendant que les élèves travaillaient) sur la possibilité de faire des mini-stages d’apprentissage en week-end avec plusieurs professeurs et des classes de niveau. On y réfléchit et on vous en reparle !

En début de soirée, retour au Grand Zanzibar, où Bruno Kowalczyk et son groupe font leur balance. Bruno est un harmoniciste de musiques traditionnelles, plus particulièrement québécoises, et il se produit ce soir avec un pianiste / guitariste, un violoneux (comme on les appelle dans la mouvance celtique) et un accordéoniste diatonique. On profite de la balance de l’autre groupe de la soirée pour aller faire un interview au calme. Je suis content de pouvoir enfin interviewer Bruno qui, si sa musique ne correspond pas à ce que la majorité des harmonicistes font aujourd’hui est néanmoins un représentant d’une mouvance musicale et d’un style de jeu que je crois importants et susceptibles d’intéresser pas mal de lecteurs de Planet Harmonica. Bruno a son caractère et c’est bien agréable de discuter avec quelqu’un qui a des opinions tranchées sans pour autant être fermé d’esprit. Plus tard, je coince Laurent et Dominique pour les interviewer tous les deux, sans doute à la fois pour Planet Harmonica et pour un webzine de blues qui s’appelle " La Gazette de Greenwood ". C’est vraiment intéressant de comprendre les difficultés qu’ils rencontrent à la fois en termes musicaux et en termes d’image. Je suis content d’apprendre que depuis le festival de Cognac cet été, ils sentent que leur formule démarre, et qu’on les reverra bientôt pour Blue sur Seine à Mantes la Jolie.

Céline RougerEnfin, la soirée commence avec un groupe local, Open Tuning, mené par une jeune harmoniciste, Céline Rouger, élève de Laurent et très prometteuse. Le groupe souffre un peu du mal de beaucoup de groupes de jeunes fougueux : ils jouent trop fort et du coup l’harmonica et la voix sont noyés dans le mix. Néanmoins, Céline nous joue quelques chorus agréables, avec un son clair et une bonne assise rythmique. Elle a sans doute des progrès à faire en matière de jeu mélodique, et a tendance à se rabattre sur des riffs classiques, mais elle a encore le temps de progresser. Dans quelques années nous tiendrons peut-être là notre Annie Raines nationale !

Après une pause, la formation de Bruno Kowalczyk monte sur scène pour un set plus calme et plus posé, un mélange de morceaux dansants et de pièces plus mélancoliques. Bruno et ses musiciens sont tous exceptionnels, avec une mention spéciale pour Olivier Chéres, le violoneux, qui non content d’être un musicien hors pair est aussi un conteur : il fait un tabac avec l’histoire du condamné à mort qui doit se racheter en jouant sur un violon désaccordé. Le public réagit plutôt bien à cette musique qu’il n’a pourtant pas l’habitude d’entendre. Bien sûr, on est dans un bar, et le bruit de fond est un peu gênant lors des pièces mélancoliques, mais sur les gigues, les gens dansent, ce qui fait plaisir à voir.

Bruno lui-même joue d’une combinaison de tremolos de toutes tailles, pour les mélodies de type accordéon et plus particulièrement les morceaux québécois, et d’un chromatique à tirette inversée (c’est à dire qu’appuyer sur la tirette fait descendre la note d’un demi-ton au lieu de la faire monter). Il joue avec une sonorité très agréable qui ressort plus particulièrement sur les pièces lentes, mais est capable de rapidité et de brio sur les pièces dansantes.

Bruno KowalczykJe suis très heureux d’avoir pu voir Bruno en concert car, si je ne suis pas grand amateur de musiques celtiques (au sens large) sur disque, j’apprécie beaucoup ces mêmes musiques en concert, la proximité des artistes, le contexte et le public conférant une magie particulière à ces musiques traditionnelles. Bruno est vraiment un musicien d’exception (même s’il s’en défend) et il mène admirablement sa barque. Il mérite vraiment d’être entendu.

Samedi 21 Octobre

La journée va être chargée, mais heureusement on peut dormir un peu ce matin, parce que couché à plus de deux heures tous les soirs, je n’ai plus trop l’habitude… Vers midi, on se rend à Condat ou va avoir lieu cet après-midi la parade municipale du festival : les enfants de l ‘école , la chorale de Condat et les membres de Harpedge vont défiler ensemble dans les rues de la ville, interprétant des morceaux à chaque arrêt. Ca peut paraître un peu ridicule pour ceux qui n’y étaient pas, mais c’était vraiment très sympa. D’abord parce qu’il ne pleuvait pas, ce qui aurait un peu gâché les festivités, mais aussi parce que ce fut l’occasion de partager avec la population de Condat notre goût pour la musique et l’harmonica, de donner un caractère un peu festif à la manifestation, et dans l’absolu, d’impliquer les gens du coin dans le festival. C’était aussi un vrai plaisir d’entendre les enfants réclamer à cors et à cris des chansons ou des imitations de train (grand succès !) Seul regret : de n’avoir pas pu fournir un harmonica à chacun de ces gamins, faute de moyens financiers et/ou de sponsor…

Un goûter attendait les enfants au centre Confluences de Condat, la " maison de la culture " locale. A la suite de quoi les artistes (et les journalistes invités gracieusement !) se sont rendus dans un bistro du coin pour manger et discuter avec les organisateurs. C’est à cette occasion que moi-même et Christophe Gibaud, journaliste radio de Limoges qui anime une émission sur le blues sur Beaub’FM avons pu interviewer Vincent Bucher, détendu et visiblement content d’être là. J’en ai aussi profité pour discuter un peu de Madagascar avec Tao (je suis allé à Madagascar l’été dernier) et l’interroger sur les instruments malgaches dont il joue et dont j’ai ramené quelques exemplaires pour décorer mon salon et faire plonk plonk avec (je ne sais pas faire mieux !!!)

Michel HerblinEnsuite on est retourné à Confluences où le public était en train de s’installer pour la dernière soirée du festival. Cette soirée fut ouverte par Michel Herblin en trio, accompagné d’un guitariste et d’un pianiste. Dix ans après la sortie de son album Matin aux Pommes, Michel reste toujours aussi étonnant, avec un répertoire de " compositions personnelles " comme il le dit avec humour, et ce son si particulier qui fait qu’on le reconnaîtrait entre tous. Certains ont dit d’Howard Levy qu’il jouait de l’harmo avec un son de violon, mais autant ça ne m’a jamais frappé pour Howard, autant dans le cas de Michel ça me saute aux oreilles. Cette sonorité, bien sûr, se prête admirablement à ses compositions, souvent très romantiques. Ici et là, des instrumentaux plus rythmés (souvent assez funky) viennent relancer le public qui ne boude pas son plaisir et bat la mesure des mains. Seul regret, le pianiste de Michel, s’il est bon, a tendance à en faire trop et ce manque de sobriété nuit à la cohérence de l’ensemble. Ses improvisations vocales ne fonctionnent pas toujours, et son humour laisse un peu à désirer… Mais ce ne sont que des griefs mineurs : pour les harmonicistes dans la salle c’est une joie de voir Michel sur scène et d’entendre ce jeu d’harmonica presque magique qui a fait des émules jusqu’aux Etats-Unis. Le concert se termine avec quelques chansons du guitariste qui accompagne Michel, dans un registre engagé humoristique tout à fait agréable et qui plait beaucoup au public.

Après une courte pose au cours de laquelle Michel a pu dédicacer des disques, le public rentre à nouveau dans la salle et le trio Tao Ravao (chant, guitares et autres instruments étranges), Vincent Bucher (chant, harmonicas) et Karim Touré (percussions) entre en scène sous les acclamations.

Tao RavaoLes harmonicistes présents savent qu’ils vont se prendre une claque, et qu’est-ce que c’est bon ! Le groove particulier des compos (ou des reprises) du trio fait se trémousser l’audience dès les premiers morceaux. Tao jongle entre la Valiha, la Kabosy traditionnelle ou une version Steel Kabosy faite sur mesure pour lui, la lapsteel guitar et un instrument étrange dont le nom m’a échappé. Karim joue essentiellement les accompagnements rythmiques sur une caisse en bois sur laquelle il est assis, avec une palette de sons stupéfiante.

Vincent quant à lui, brille tant par ses chorus ou accompagnements d’harmonica que par son chant. Je n’avais pas été particulièrement impressionné par son chant sur les albums, mais là, en live, sa voix assez profonde, avec un vibrato grave tranche bien avec l’accompagnement musical et fait même penser par moment à des voix de crooner américains genre Elvis ! A l’harmonica, Vincent fait une démonstration de musicalité et de virtuosité extraordinaire. Moi qui m’attendais à l’écoute des disques à le voir jongler entre harmonicas, accordages, etc. je suis étonné de voir qu’il obtient une telle palette de sons avec un choix très restreint de diatoniques standards. Ses chorus sont souvent très longs mais très variés en style et en intensité si bien qu’on ne s’ennuie à aucun moment.

Vers le milieu du concert environ, le public commence à danser pour finir tous devant la scène à la fin du concert et faire revenir trois fois Tao, Vincent et Karim pour des " encore " dansants. Ils finissent sur une version fleuve de " Hé là-bas !", le morceau louisianais du début du siècle qui a donné son titre à leur dernier album. En parlant d’albums d’ailleurs, on s’arrache les leurs à la sortie du concert, mais il n’y en a pas assez pour tout le monde !

Vincent BucherPour clore cette soirée exceptionnelle, les organisateurs du festival et tous ceux qui le désirent se retrouvent dans l’ancienne salle des fêtes de Condat pour un bœuf acoustique qui dure jusqu’à la fin de la nuit : tous ceux qui se sont défoncés pour organiser ce super festival ont bien le droit de se défouler un peu !

Dimanche 22 Octobre

Et voilà, la première édition des Harmonicales terminée, l’heure des bilans est venue : du point de vue de l’organisation, je repars de Limoges impressionné par la manière dont tout s’est déroulé : malgré les inévitables imprévus, tous les organisateurs sont restés sereins et motivés, et les quelques petits couacs qui ont pu se produire n’ont même pas été perçus, ni par les artistes, ni par le public. Pour un première édition, c’est tout à fait impressionnant ! Du point de vue artistique, succès incontesté : la programmation de Laurent a fait la part belle à la musique plutôt qu’aux instrumentistes. Elle a aussi sur marier les genres pour couvrir un éventail large de styles musicaux et d’approches instrumentales. Enfin, Laurent s’est assuré d’impliquer des formations régionales qui, si elles n’ont pas encore le talent ou la renommée des formations nationales présentes aussi ont permis de crédibiliser la région par rapport à l’organisation de ce festival, et d’impliquer les gens du coin, deux éléments indispensables si l’on veut perdurer dans le temps et garder un esprit sympathique à la manifestation.

Du point de vue financier, c’est un peu plus problématique : Il fallait environ 300 personnes à la soirée de clôture pour assurer que Harpedge ne perde pas d’argent au cours de l’organisation, et il y en avait moins que cela. Les causes de cet insuccès commercial sont multiples, mais l’organisation par la municipalité de Limoges du concert gratuit des " Ejectés " ce même soir n’y est sans doute pas pour rien. Peut-être Harpedge devrait-elle réfléchir à une approche un peu plus commerciale et d’autres sources de revenus. Il y avait des T-Shirts, mais on pourrait imaginer des harmonicas par exemple ou des disques. Bien sûr, tout cela demande aussi une mise de fond plus importante, donc Harpedge ne disposait sans doute pas… Heureusement, ces problèmes financiers n’empêcheront pas a priori la seconde édition du festival d’avoir lieu.

Encore une fois, il est vraiment regrettable que les professionnels de l’harmonica, Hohner en tête, refusent de s’impliquer dans ces évènements qui sont pourtant à même d’amener un nouveau public vers l’harmonica et donc par extension des clients pour les fabricants d’instruments. Je suis sûr que l’équation économique n’est pas très complexe et qu’en ayant un peu de jugeote, les fabricants se rendraient compte que ces formes de communication locales sont bien plus efficaces que les pubs dans quelques magazines. Enfin, ce n’est pas le lieu ici pour faire le procès de Hohner, mais encore une fois, il est malheureux que ceux qui essaient de faire bouger le monde de l’harmonica soient handicapés par l’absence d’implication de ce qui gagnent de l’argent avec l’instrument…

Pour finir, je crois qu’il y a lieu d’applaudir des deux mains pour tous les bénévoles qui se sont impliqués dans cette affaire, Laurent Cagnon, bien sûr mais aussi Laurence Mocaer, Nathalie Cagnon, Sylvie Brunato, Jean Luc Valade, Sabine Laguionie, Ludovic Charpentier, Philippe Antoinet, Françoise Célérier, Jean Faucher, Didier Leveque, Dominique Robert, Jean Paul Voise, Jean Pierre Connin, Olivier Guisset, Georges Dormiola, François Ocard, Fabienne Isnard et Frédérique Avril !

Pour ma part, j’espère bien que j’aurais l’occasion de tous les revoir lors de la deuxième édition des Harmonicales en 2001 !

 


Pour contacter Harpedge vous pouvez écrire à Laurent Cagnon.